Plan général de l'exposition universelle de Roubaix en 1911

Plan général de l'exposition universelle de Roubaix en 1911
Ce plan montre l'étendue de l'Exposition Universelle de Roubaix en 1911. Celle-ci était installée aux abords du parc Barbieux et du nouveau Grand Boulevard de Lille à Roubaix et Tourcoing (sur la branche entre le Croisé Laroche et Roubaix). Cette manifestation internationale fut implantée sur les territoires des villes de Roubaix et de Croix dans les quartiers actuels de la Duquenière, du Créchet et du Fer-à-cheval. Une partie des installations avaient trouvé place dans le parc Barbieux lui-même (Gilbert Sayet tome 1 page 86 Collection privée ©)

L'exposition de 1911 dans les médias

Pays du Nord
compare les expositions de Roubaix et Charleroi
qui ont été inaugurées le même jour


La revue " Pays du Nord ", sous la plume de Ludivine Fasseu, publie dans les pages 22 à 24 de son numéro de septembre et octobre 2011, un bel article consacré aux expositions internationales de Roubaix et de Charleroi en 1911.




Roubaix-Charleroi, maîtres du monde ? 

 Il y a un siècle, pratiquement jour pour jour, Roubaix, capitale européenne de la laine et Charleroi grande cité minière et sidérurgique affirment leur puissance industrielle au monde entier. Le 29 avril 1911, elles inaugurent en grande pompe leur « exposition internationale ». Les curieux affluent par millions. 

 La concurrence est vive. C'est à celle qui attirera le plus de visiteurs. En cette année 1911, Roubaix et Charleroi ne sont pas les seules à vouloir démontrer leur savoir-faire à la planète. Les villes de Turin en Italie, Dresdes en Allemagne et Le Mans en France comptent bien elles aussi dévoiler toute l'étendue de leurs talents. « A la différence des expositions universelles, les expositions internationales sont thématiques et ont pour objectif de présenter un savoir-faire. L'exposition de Roubaix portait le nom d'exposition internationale du nord de la France et du pays textile » explique Jacques Desbarbieux, président de l'association Eugénies, cercle de passionnés d'histoire locale, basée à Mons-en-Barœul. Ainsi, Turin qui célèbre en 1911 le 50e anniversaire de la proclamation du Royaume d'Italie, se tourne vers l'industrie et l'histoire. Sept millions de visiteurs font le déplacement. A Dresdes en Allemagne, l'exposition est axée sur l'hygiène et le sport tandis que celle du Mans, plus confidentielle, montre déjà les prémices de l'automobile et de l'aviation. 

 Les locomotives de l'économie 

 A Roubaix, il est bien sûr question de laine. A l'époque, les usines se multiplient aux quatre coins de la cité textile. Et puis, la ville aux mille cheminées veut faire mieux que Tourcoing, son éternelle rivale, qui en 1906 avait elle aussi organisé une exposition internationale. « Elle va faire dix foix plus grand que sa voisine. Quand on lit la presse de l'époque, on se rend compte qu'elle était même un peu dépassée par son succès ! Roubaix fait venir la Belgique, les Pays-Bas mais aussi la Nouvelle-Zélande, l'Australie et le Chili : tous, grands pays de la laine. L'Argentine se fait prier car elle est présente à Turin » explique Jacques Desbarbieux. Installée sur 35 hectares aux abords du parc Barbieux et du tout nouveau Grand Boulevard (inauguré deux ans plus tôt), l'exposition roubaisienne déborde sur le territoire de Croix dans les quartiers de la Duquenière, du Créchet et du Fer à Cheval. Le 9 juillet 1911, le Président Fallières vient en personne inaugurer l'événement. A Charleroi, la manifestation est tout aussi retentissante. Le roi Albert et la reine Elisabeth font le déplacement le 10 juillet. Pour cette seule journée, plus de 200 000 visiteurs franchissent les portes de l'exposition. « Il a fallu reconfigurer toute la ville haute pour accueillir palais et pavillons » explique Antoine Tanzilli, échevin à la culture de Charleroi. L'exposition s'étendait sur 270 000 mètres carrés. « A l'époque, Charleroi permet à la Belgique d'atteindre le rang de deuxième puissance industrielle mondiale grâce à ses industries minière, verrière, et sidérurgique » précise Antoine Tanzilli. Comme Roubaix, Charleroi est à son apogée. Et comme Roubaix, elle a une voisine à dépasser : Liège, qui a organisé une exposition universelle en 1905. 

 Grandeur et excentricités 

 Que pouvait-on alors voir dans ces expositions ? Il faut croire que Shanghai n'a rien inventé… Il y a cent ans déjà, les palais rivalisent de fantaisie et d'excentricités. « On peut noter de nombreux points communs entre les deux villes » explique encore Jacques Desbarbieux. Toutes deux possèdent une grande halle des machines. A Roubaix, on présente des machines à vapeur, des métiers à tisser, des encoleuses, etc. A Charleroi, la halle des machines, s'étendant sur plus de 11 000 mètres carrés, impressionne avec ses ponts roulants installés d'un bout à l'autre de la galerie et capables de transporter 25 tonnes. Les organisateurs carolorégiens reconstituent logiquement une galerie de mine. « Le public allait à la lampisterie chercher une lampe de mineur puis sous la conduite d'un porion prenait place dans une cage. Il avait l'impression de descendre à 354 mètres ! » explique Antoine Tanzilli. Roubaix aussi possède son palais des mines. « Un puits de mines avait été creusé dans le parc Barbieux et des mineurs faisaient des démonstrations. La télévision n'existait pas à l'époque, beaucoup de nordistes ont découvert l'univers de la mine pendant cette exposition » explique Jacques Desbarbieux. 

 Amuser la galerie 

 Pour attirer les foules, les deux capitales imaginent des parcs d'attractions dignes des plus grands d'aujourd'hui : railway, stands de tirs, jardins amusants, fanfares, concerts, bowling et la traditionnelle roue joyeuse. A Roubaix, à côté du parc d'attractions (le Luna Park), les visiteurs découvrent un village sénégalais. « Il fallait montrer la puissance française et tout le savoir-faire de nos colonies » explique Jacques Desbarbieux. Le village sénégalais va d'ailleurs voyager d'exposition internationale en exposition internationale. A Charleroi, un véritable village japonais est également présent, avec ses pagodes, pièces d'eau, et autochtones… 

 Que reste-t-il aujourd'hui ? 

 Aujourd'hui, peu de traces subsistent de l'événement. « On a démonté les palais aussi vite qu'on les avait montés. Les attractions n'avaient pas vocation à être conservées. La Tour Eiffel devait être démontée après l'exposition universelle de 1889 ! » rappelle Jacques Desbarbieux. A Charleroi, les visiteurs peuvent découvrir le long du boulevard Joseph II, le Pavillon électrique construit pour l'éclairage de l'Expo 1911 et l'ancien Pavillon des Arts (esplanade Solvay) transformé en espace de création contemporain. A Roubaix, certes l'hôtel de ville construit par Victor Laloux avait été inauguré pour l'exposition 1911, le Grand Hôtel et l'hôpital de la Fraternité avaient été également rénovés pour l'occasion mais tous ces monuments n'ont pas pris part à l'exposition. Sur le site même, seuls quelques arbres situés dans le parc Barbieux peuvent témoigner. Cyprès chauve des Etats-Unis, Savonnier des Antilles, Ginkgo Biloba de Chine… « On avait demandé aux exposants de ramener des graines de leur pays »... 

 Pratique 

 Office de tourisme de Charleroi, Place Charles II, tél. : 00.32.71.86.14.14. 
 Office de tourisme de Roubaix, 12 place de la Liberté, tél. : 03.20.65.31.90. 
A voir absolument : www.roubaix1911.blogspot.com, un site très complet alimenté par les membres de l'association Eugénies : www.associationeugenies.blogspot.com 

 Les événements à ne pas manquer 

 ▪ A Charleroi : 
• « 1911-2011, un siècle d'artistes, un cycle de collecte », jusqu'au 12 septembre au musée des Beaux-Arts, hôtel de ville, tél. : 00.32.71.86.11.34. 

• Bernard Plossu au Musée de la photographie de Charleroi jusqu'au 18 septembre. Charleroi vue par Plossu, avenue Paul Pastur 11, tél. : 00.32.71.43.58.10. 

• L'exposition Charleroi 1911-2011 Multimédia, du 22 septembre au 27 novembre. De nombreux documents d'archives présentés sur des supports numériques interactifs, Bâtiment Gramme, esplanade Solvay. 

• « L'UT et l'exposition 1911 », du 9 septembre au 15 octobre, l'université du travail de Charleroi a été créée en 1908, tout le monde venait s'y formait jusqu'en Chine. Bibliothèque de l'Université du Travail, tél. : 00.32.71.53.13.33. 

• Panorama de l'exposition 1911, du 9 septembre au 15 novembre, atrium de l'université du travail, tél. : 00.32.71.53.13.33. 

• Le verre peint en Wallonie de 1900 à 1930, du 30 septembre au 27 novembre, musée du verre au Bois du Cazier, Marcinelle, tél. : 00.32.71.88.08.56. 

 ▪ A Roubaix : 

• Roubaix 1911, du 5 octobre au 18 décembre, exposition à l'Espace Ville patrimoine, Visite guidée possible sur inscription auprès de l’office du tourisme, tél. : 03.20.65.31.90. 

• Les 17 et 18 septembre, l'association Eugénies organise des visites guidées sur le site dans le cadre des Journées du patrimoine. www.associationeugenies.blogspot.com

• Du 4 au 6 novembre, exposition " Tissons des liens " au fort de Mons-en-Barœul. Association Eugénies.



Les Eugénies font revivre l'Exposition de 1911




Cercle de passionnés d'histoire locale, l'association les Eugénies, après s'être passionnée pour le centenaire du Grand boulevard, s'intéresse aux 100 ans de l'exposition internationale de Roubaix. Rencontre avec Jacques Desbarbieux, qui a retrouvé des pièces surprenantes.

Quand on n'a connu que le Roubaix d'après-crise, on a bien du mal à imaginer le Roubaix d'il y a cent ans. En feuilletant l'album des cartes postales et photographies rassemblées par Jacques Desbarbieux, on reste bouche bée. « À l'époque, il était fréquent que les villes organisent des expositions internationales, explique ce passionné d'histoire locale et d'architecture. Avant Roubaix, il y avait eu Bruxelles et Tourcoing. Mais Roubaix a voulu faire mieux, plus grand. Les organisateurs ont même été débordés par rapport au projet initial, ils ont dû changer les plans. »

Près de deux millions de visiteurs

La capitale du textile, dont le maire, Eugène Motte, était un grand patron d'industrie, voulait affirmer sa puissance. Lille et Tourcoing n'étaient que deux petits points sur la carte. L'exposition internationale de 1911 a duré six mois, accueilli 1,7 million de visiteurs. Des architectes ont fait construire de somptueux pavillons sur et autour du parc de Barbieux. Pour le centenaire, Jacques Desbarbieux et ses amis de l'association Eugénies, dont il est trésorier et webmaster, ont décidé de faire revivre l'événement à leur façon. Les Eugénies n'ont que deux ans d'existence. À l'origine, cette association avait pour but de valoriser le patrimoine architectural signé Gabriel Pagnerre. Cela l'a naturellement amené à s'intéresser au Grand boulevard, bordé de maisons Pagnerre. 

Et du Grand boulevard au parc de Barbieux, il n'y avait qu'un pas. « Lors du centenaire du Grand boulevard, on a organisé des visites guidées qui se terminaient à l'ancienne laiterie du parc, ça nous a ouvert des pistes. » Parallèlement, le neveu d'un collectionneur décédé est allé trouver Jacques Desbarbieux. Il venait d'hériter d'un nombre incalculable de documents à propos de l'exposition de 1911. Un don du ciel pour démarrer les recherches. Car sur place, « il n'en reste plus rien », se désole cet amoureux du patrimoine qui a pour ambition de « reconstruire le puzzle ». Tablette informatique à la main, il souhaite donner à voir ce que pouvait être cette exposition internationale lors de visites guidées du parc de Barbieux le week-end du 30 avril, date anniversaire de l'inauguration de l'exposition. Il s'est déjà mis en cheville avec l'office de tourisme. 

Casino et parc d'attractions

« Les gens sont toujours estomaqués de se dire "ce n'est pas si vieux et pourtant, la mémoire collective s'efface" », prévient-il. En 1911, Roubaix n'était pas la ville la plus pauvre de France, bien au contraire. Pour cette exposition internationale, on a dépensé sans compter. « Toutes les semaines, il s'y passait quelque chose. Tous les congrès possibles et imaginables s'y sont déroulés. » On accédait à l'expo pour 1 F ou 50 centimes en franchissant une porte monumentale face au boulevard de Paris (futur boulevard De Gaulle). Tout de suite à droite, le village flamand, puis les pavillons textiles, ceux de Belgique, des Pays-Bas, mais aussi de l'Australie et de Nouvelle-Zélande, grands producteurs de laine. Au milieu du parc, les pavillons des colonies. Plus loin, le village sénégalais et ses indigènes plus vrais que nature. On trouvait aussi un stade de foot, un casino, des estaminets et, à l'autre bout de l'exposition, un parc d'attractions, le Luna Park, avec la Joy Wheel , le Scenic Railway... « Les plus grands aviateurs sont venus, Roland Garros s'est posé à Roubaix », dit encore Jacques Desbarbieux, pas avare d'anecdotes. Il pourrait parler des heures de la pénurie de logements durant les six mois de l'expo ou des nombreux produits dérivés - le marketing, déjà... Il rappelle aussi que c'est en 1911 que Roubaix s'est offert son actuel hôtel de ville et l'hôpital de la Fraternité. « Eugène Motte avait envie d'être réélu en 1912 », glisse-t-il. Aujourd'hui, le simple fait de faire poser des panneaux signalétiques dans le parc de Barbieux pour rappeler cet incroyable événement semble coûteux et compliqué ...
Voir l'article de Youenn Martin dans Nord Eclair

La centenaire a de la visite
Lille Métropole Info publie cet article dans son numéro 81 d'avril 2011




Ce 30 avril 1911, la foule se bouscule aux abords du parc Barbieux : l’Exposition universelle - plus exactement l’Exposition internationale du Nord de la France - ouvre ses portes. Vitrine de la puissance économique de la ville, elle remporte un succès considérable. Quelque 1,7 million de personnes visitent les stands et profitent des attractions du Luna Park voisin. L’association Eugénies et l’Office de tourisme de Roubaix célèbrent le centenaire de cette manifestation en proposant des visites guidées originales.

En ce début du XXe siècle, Roubaix apparaît promise à un bel avenir, à un très bel avenir même, grâce à ses établissements textiles. Signe de cette vitalité, les châteaux d’industrie poussent comme des champignons dans la cité. Et que dire de cette Exposition internationale, vitrine de l’excellence économique et technique ? Roubaix nourrit d’autant plus d’ambition que les aménagements urbains et les équipements la placent à l’avant-garde de la modernité : ne vient-on pas d’ouvrir le Grand boulevard à la largeur étonnante et de mettre en service un tramway révolutionnaire, le Mongy ? 


Aussi, ce 30 avril 1911, un dimanche, est-il un grand jour pour Eugène Motte, maire, et l'ensemble de ses collaborateurs. Il marque l’aboutissement de plusieurs années de réflexions, d’études, de projets et de travaux. Directeur de Roubaix exposition, la revue dédiée à cette Exposition, Alfred Roche exprime son enthousiasme dans le style lyrique et emphatique de l’époque : « Si une crainte avait pu retenir les hardis organisateurs de l'Exposition de Roubaix, c'eût été moins celle d'un insuccès que le souci de faire aussi bien que l'exigeait le renom de la prospère Cité. (...) Il en est encore qui, n'ayant jamais emprunté pour aller de Lille à Roubaix le nouveau Boulevard et ses confortables tramways, ignorent le Boulevard de Paris, témoin orgueilleux d'une ville riche et prospère, et le parc Barbieux, jardin public - et non moins beau - qui clôt la série des jardins. (...) C'est dans ce cadre merveilleux, le plus beau peut-être dans lequel ait jamais été placée une Exposition, que se tiendra l'Exposition de Roubaix. »



L’Expo aux mille palais 

Quelques mois plus tard, tous les doutes sont balayés. À quelques jours de l’inauguration, les  organisateurs sont rassurés, même s’ils éprouvent toujours une certaine appréhension. Les infrastructures sont prêtes, l’intendance suit. Le site couvre 34 hectares, aujourd’hui le Parc Barbieux mais aussi les quartiers croisiens de la Duquenière, du Créchet et du Fer-à-cheval.  Il abrite l’Exposition proprement dite et des équipements complémentaires tels que parc d’attractions, installations sportives, restaurants, etc. « Grand palais des industries textiles, palais des machines, palais des industries diverses, palais de l’économie et de l’hygiène sociale, palais de la Chambre de Commerce de Roubaix… ». Ainsi décrit, le site abrite 3 357 exposants, un nombre beaucoup plus élevé que prévu ! La Cité magique du Luna Park est précisément implantée à l’extrémité de l’Exposition, à côté du « village noir sénégalais ». Elle ne propose pas moins de « 25 attractions sensationnelles et inédites », depuis le rapide Scenic Railway au Jardin tremblant en passant par l’étourdissante Roue joyeuse. Heureusement, entre deux attractions, l’on peut retrouver ses esprits et reprendre des forces dans l’un des restaurants ouverts dans l’enceinte de la Cité magique ou de l’Exposition : au Grand restaurant français, au Casino, encore appelé Café Jean, à La laiterie ou à la Taverne de Beaurepaire.



Déjà le bruit des bottes

Ce 30 avril 1911, à 13 heures, en présence d’Alfred Massé, ministre du Commerce et de l’Industrie, les élus et les autres Roubaisiens sont d’autant plus fiers que le ministre souligne le dynamisme et le rayonnement du centre européen du textile en inaugurant également l’hôtel de ville, oeuvre de l’architecte Victor Laloux, et l’hôpital de la Fraternité. Le site est ouvert au public le lendemain, 1er mai. Sept pays sont représentés : Belgique, Pays-Bas, Italie, Chili, Argentine, les lointaines Australie, Nouvelle-Zélande. Sans oublier ce que l’on appelle encore les « colonies ». Quelques absents de marque sont néanmoins à déplorer : l’Angleterre, l’Allemagne… L’une demeure le principal concurrent de la France dans la compétition économique, l’autre ne voit guère Paris comme un allié. Reste que les Français soulignent à l’envi l’aspect international de cette Exposition, cédant même au ridicule de multiplier les mots anglais. Dès lors, c’est un défilé incessant de personnalités. Le point d’orgue est sans conteste la visite du Président de la République Armand Fallières le 9 juillet 1911, accompagné d’autres ministres, dont Christian Couyba, nouveau ministre de l’Industrie après le changement de gouvernement survenu le 27 juin.



Lorsque l’Exposition ferme ses portes six mois plus tard, le 6 novembre 1911, Roubaix a fait aussi bien que sa voisine et concurrente Tourcoing. Environ 1,7 million de personnes et de très nombreuses personnalités l’ont visitée. L’étendue du site, la très grande diversité des pavillons et… la clémence du temps - il n’a pour ainsi dire pas plu durant ces six mois -, tous ces éléments se sont heureusement conjugués pour conforter ce succès. L’heure semble à l’euphorie économique. Les plus lucides, une minorité sans doute, entendent déjà le bruit des bottes et prient pour conjurer le sort…


Des visites guidées inédites

Créée en 2008 et mobilisée pour la valorisation du patrimoine du Nord-Pas-de-Calais, l’association Eugénies mène différentes actions : conférences, actions de sauvegarde, visites guidées du fort de Mons le premier dimanche du mois, publications.
Elle marque le centenaire de l’Exposition internationale en programmant des visites guidées du site aux dates anniversaires, les samedi 30 avril et dimanche 1er mai 2011. Elles dureront 1 h 30. Trois départs sont prévus : 10 h, 14 h et 16 h. Le nombre des places est limité. Les réservations sont prises par l’Office de tourisme de Roubaix. Tél : 03 20 65 31 90




Entre autres anecdotes



Paris-Roubaix

Le 25 mai 1911, à 17 h 01, Guénot arrive le premier au stadium de l’Exposition internationale, remportant la fameuse course cycliste Paris-Roubaix. Les 355 concurrents avaient quitté Paris à 7 h 37. C’est la première et seule fois où l’arrivée de l’épreuve a été jugée au parc Barbieux.


Le départ de la course Paris Roubaix en 1911


Circuit européen d’aviation
Le 26 juin 1911, les pilotes du circuit européen d’aviation, dont Roland Garros, font étape à Roubaix : ils se posent sur le terrain contigu à l’Exposition, avenue des Villas.

Fête des géants
Durant les festivités du 12 au 15 août, jours les plus chauds de cet été 1911, les géants Jehan de Roubaix, Catherine et Jean-Louis sont baptisés. Les géants lillois Lydéric et Phinaert les avaient « déclarés » le dimanche précédent à la mairie du Village flamand.



La Voix du Nord invite au voyage


Un Nord Eclair du tonnerre !

Merci à Delphine Tonnerre qui comme son nom l'indique est journaliste à Nord Eclair et qui signe ce bel article, qui est paru le vendredi 29 avril 2011, à la veille des visites.


C'était au temps de la splendeur de Roubaix : rien n'était trop beau, trop grand, trop coûteux pour la cité textile. En 1911, l'exposition internationale a attiré deux millions de visiteurs au parc de Barbieux en six mois. Retour sur une manifestation haute en couleur.


Le 30 avril 1911, le parc de Barbieux et le Grand Boulevard, sur les territoires de Roubaix et Croix, accueillaient une exposition comme on n'en fait plus. Ou plus si grande, si démesurée, si incroyable.
Il faut imaginer pendant six mois un espace entièrement conçu pour recevoir le public, lui vanter les mérites du savoir-faire textile mais aussi le divertir. L'exposition internationale, c'était un dédale de palais, d'espaces et de jeux en plein air. Une installation temporaire qui avait pour but de montrer au monde à quel point Roubaix était innovant, riche et doué. Et ce n'était pas de la poudre aux yeux : c'était vrai !
Toutes les audaces étaient à l'époque permises. En regardant le plan de cette exposition, on a peine à croire que tout cela a bien existé. On pourrait penser au décor carton-pâte d'un film.

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Roubaix avait semble-t-il eu envie de faire les choses en grand. En plus grand surtout que Bruxelles et Tourcoing qui avaient organisé, quelques années plus tôt, leurs propres expositions internationales. Le maire de l'époque, Eugène Motte, un patron textile, avait envie de montrer que Roubaix comptait.
34 hectares d'attractions Alors Roubaix s'est pourrait-on dire « lâché ». Sur 34 hectares, les visiteurs pouvaient visiter le grand palais des industries textiles, celui des machines, en plus des pavillons pour les pays invités. On trouvait bien sûr la Belgique et les Pays-Bas, mais aussi l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Pas l'Angleterre, qui était la plus grande rivale textile de la France à l'époque, ni l'Allemagne avec laquelle la guerre éclatera trois ans plus tard.
Le public s'était pressé en nombre à Roubaix. Près de deux millions d'entrées en six mois ! Mais il faut dire qu'il n'y avait pas de télé ni Internet. Et beaucoup moins de possibilités de voyager.
Le tout récent tramway de l'époque sur le Grand Boulevard constituait un moyen idéal pour venir visiter l'exposition. Beaucoup de gens s'intéressaient au textile. Tout le monde avait dans sa famille une ou plusieurs personnes qui y travaillaient. Mais l'exposition était aussi le lieu idéal pour flâner en famille, avec des attractions de fête foraine. Une sorte de Luna park en ville avec des manèges géants incroyables.
Même un stadium !
On n'avait pas lésiné sur les moyens : On trouvait même un stadium pour accueillir des épreuves sportives ! Toutes les semaines pendant ces six mois, il se passait quelque chose : événements, congrès, animations... Pour une simple pièce d'un franc à l'entrée, c'était le dépaysement assuré. L'exposition internationale comptait même un village sénégalais !
1911, c'est décidément l'année faste pour Roubaix. La même année est inauguré l'hôtel de ville, œuvre de l'architecte Victor Laloux, par le ministre du Commerce de l'époque en personne, Alfred Massé. Il faut dire que Roubaix est en 1911 un fleuron de la réussite économique du pays : c'est l'époque de la prospérité, du plein emploi, des sorties d'usines avec des milliers d'ouvriers. Ça fait rêver...


Il y a 100 ans




Il y a tout juste un siècle, le monde a les yeux tournés vers Roubaix. La « ville aux 1 000 cheminées » est alors capitale mondiale du textile, et l'apogée de cette époque bénie est marquée par l'organisation de l'Exposition Internationale du Nord de la France, dans le secteur du Parc Barbieux. Il faut s'imaginer ce qu'était Roubaix il y a un siècle. L'industrialisation galopante a fait passer la population de la ville de 40 000 habitants en 1856 à 130 000 moins de quarante ans plus tard. Ils sont toujours aussi nombreux, au début du XXe siècle, alors que cette cité de la laine rayonne mondialement. « Roubaix a créé sur tous les marchés du globe ses agences d'achat de matières premières et de vente de produits fabriqués », relate la revue Le Nord illustré, datée du 1er avril 1911. 

Roubaix, la ville aux 1 000 cheminées

Dans ce contexte, l'organisation de l'Exposition Internationale du Nord de la France doit marquer la suprématie de la ville de Roubaix, que quatre générations ont portée au premier rang des villes lainières du monde. Inaugurée le 30 avril 1911, l'exposition est ouverte tous les jours, de 9 h à 18 h 30 pour les galeries, et de 9 h à 23 h pour les jardins. Elle durera jusqu'au 6 novembre. Le prix d'entrée est alors de 1 franc, auquel il faut ajouter une entrée supplémentaire pour les attractions. L'heure est à la démesure puisque l'exposition accueillera pas moins de 3 357 exposants français et étrangers, répartis pour les besoins du palmarès final en 15 groupes et 71 classes, selon le secteur d'activité. Le nombre de visiteurs comptabilisés durant ces six mois est à l'avenant et donne le vertige : 1 702 977 visiteurs, sans compter les élèves des écoles en visite gratuite et les officiels non payants. Démesure, encore, avec la superficie occupée par l'exposition, véritable ville dans la ville : elle s'étend sur 350 000 m², dont un tiers est réservé aux exposants et deux tiers aux jardins et promenades. Les emplacements payants représentent 21 877 m², les emplacements gratuits 8 883 m². Ils comprennent des domaines aussi divers que l'enseignement technique et universitaire, l'apprentissage, les écoles ménagères, l'agriculture, l'horticulture, l'économie et l'hygiène sociale. Les emplacements étrangers représentent, quant à eux, 2 910 m². C'est surtout sur le plan de l'industrie textile que la ville a retiré les bénéfices de cet événement vitrine, toutes les branches de l'industrie et du commerce étant représentées. L'ensemble a, bien sûr, attiré et intéressé tous les professionnels français et étrangers. Avec cet effet bénéfique « collatéral » : un peu comme aujourd'hui lors des Jeux olympiques ou d'une Coupe du monde de football, les travaux de construction, puis les demandes de fonctionnement, ont permis d'enrichir les entreprises locales. 

En 1911, Roubaix à son apogée accueille l'Exposition internationale 
La Voix du Nord - Actualité Métropole - Publié le mardi le 17 mai 2011 par Wilfried Hecquet

Il y a tout juste 100 ans

Nord Eclair a publié ce nouvel article dans son édition du vendredi 10 juin 2011

 Il y a tout juste cent ans, le parc de Barbieux accueillait l'Exposition internationale du textile. Sur les traces de cet événement extraordinaire qui a marqué la ville, l'office de tourisme programme 2 h 30 de promenade facile dimanche matin. 

 C'était il y a tout juste cent ans, en 1911. L'Exposition internationale avait attiré deux millions de visiteurs en six mois. Il faut imaginer le parc de Barbieux transformé en un immense espace d'expositions et d'animations. Des pavillons hauts en couleur de pays comme la Belgique, les Pays-Bas, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande, mais aussi des stands de foire foraine. Sur 34 hectares, un dédale de palais éphémères. L'association Eugénies avait patiemment mené un travail de recherche sur cet événement. 

 Jacques Desbarbieux avait mené un travail colossal pour réunir des documents, plans, photos et cartes postales d'époque, réunies sur le site www.roubaix1911.blogspot.com. Pour commémorer l'événement, une randonnée urbaine est organisée. D'autres événements suivront en septembre, pour les journées du patrimoine. Une exposition est également prévue dans l'espace ville patrimoine à la Condition publique. Randonnée dimanche 12 juin, de 9 h 30 à 12 h. Gratuit sur réservation au 03.20.65.31.90. Renseignements sur le site www.roubaixtourisme.com.


Histoire d'un jour



La revue " Le Nord " publie, sous la plume d'Arnaud Raes, une page consacrée à la visite du Président de la République Armand Fallières, le 9 juillet 1911, à l'Exposition Internationale du Textile de Roubaix.


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